
La réponse parait évidente mais si on gratte un peu…
Le soutien-gorge prévient-il la "chute" des seins ?
Revenons un peu en arrière… Avant l'apparition du soutien-gorge moderne, la gente féminine européenne a depuis l'Antiquité eu recourt à des sous-vêtements pour leur poitrine. Pour diverses raisons… Seulement, le but à la base consistait à gommer les attributs féminins. Les grecs préféraient les petites poitrines et les seins des jeunes filles prépubères étaient ceints avec des "mastodetons" pour empêcher leur développement… Certains médecins de l'époque allaient même jusqu'à proposer des traitements pour contrer leur apparition! Les femmes, elles, utilisaient des "apodesmes", toujours pour gommer leurs attributs. Un peu plus tard chez les romains, on retrouve toujours nos fameux "apodesmes" tandis que les poitrines les plus volumineuses et récalcitrantes sont écrasées par un "mamilliare" en cuir… A la Renaissance, on continue encore à aplatir la poitrine avec le corset (couramment dénommé à l'époque "corps à baleines"). Ce n'est qu'au XIXe siècle que la poitrine est mise en avant pour des raisons érotiques. Il en ressort donc que les pièces de lingerie pour la poitrine n'ont jamais cherché à améliorer la santé ou même le confort, il s'agissait simplement de modeler le corps de la femme. Il ressort surtout en ce qui concerne le soutien-gorge que ce besoin "naturel" de soutenir la poitrine est tout récent. Seul le soutien-gorge moderne a cette vocation; il le fait très bien d'ailleurs. Le "hic", c'est que les seins sont naturellement dotés d'un système de maintien…
Les seins sont donc naturellement soutenus; principalement par leur enveloppe, les ligaments de Cooper, la peau et dans une relative mesure par le pectoral et le platysma. Tout ceci constitue le système de maintien ou le système suspensif de la poitrine. Quoiqu'il arrive, les seins commencent à vieillir et à "tomber" tout aussi naturellement à partir de la vingtaine, c'est la "ptôse". Les trois principaux facteurs sont l'âge, les grossesses -et non l'allaitement- et les variations de poids. La cigarette accélère le processus en faisant perdre à la peau son élasticité. Nous verrons plus bas que le soutien-gorge fait mieux encore…
En ce qui concerne le corps en général, on constate que c'est l'activité qui le maintient en état. Il n'est pas fait pour stagner comme celui des mollusques par exemple. Quand on met un plâtre à une articulation, il faut faire de la rééducation pour réapprendre à bouger, pour réactiver les réflexes… Les personnes immobilisées ou à mobilité réduite doivent aussi faire appel à la kinésithérapie pour maintenir leurs membres en état. En fait si le corps, les membres et les organes ne sont pas sollicités, il "dégénèrent" naturellement. C'est la même chose pour le système de maintien de la poitrine; le soutien-gorge l'empêche de fonctionner comme il le devrait alors il dégénère… C'est d'autant plus dommageable quand ça arrive dès la puberté… C'est malheureusement le cas de la grande majorité des femmes d'aujourd'hui. Du coup, comme elles ont un système de maintien "dégénéré", sans leur soutien-gorge, elle ressentent immédiatement gêne et douleurs: elles en sont dépendantes. Tout au mieux, elles arrivent à s'en passer la nuit ou quand elles ne bougent pas trop. Heureusement, ce système de maintien est relativement simple et il se régénère assez rapidement, sans trop de difficultés et sans rééducation.
Aucune étude scientifique n'a donc jamais pu démontrer les bienfaits du soutien-gorge pour le maintien des seins. C'est une véritable idée reçue qui s'est imposée à force de marketing. Pour rappel à la base, le soutien servait surtout à gommer les attributs féminins, tout au mieux à modeler la silhouette. Il y a eu en revanche différentes études qui démontrent le contraire, c'est à dire que le soutien-gorge favorise la chute des seins.
Le professeur Rouillon, au CHU de Besançon, a proposé à des femmes sportives de tous âges de ne plus mettre de soutien-gorge. Les résultats parlent d'eux même: passées les douleurs du début, le temps que le système de maintien se régénère (1 à 4 semaines), les seins des jeunes cobayes se sont au fur et à mesure des mois redressés de plusieurs degrés jusqu'à, pour les meilleurs résultats, retrouver un « angle positif ». Il a aussi été observé un meilleur confort, une diminution des douleurs (dos…) et une régression des vergetures. Pas de souci, aucune complication, que du positif! Y compris pour les pratiquantes de sports où la poitrine est fortement sollicitée, tennis ou autre… Cependant, bien que le groupe de cobaye ait été élargi, l'échantillon de cette étude n'est toujours pas représentatif de toutes les femmes, notamment parce qu'il s'agit de sportives. Ceci-dit l'activité physique fait partie de l'hygiène de vie… Comme vu précédemment, notre corps est fait pour l'action et l'exercice sinon il dégénère…
Une autre étude, plus restreinte mais tout aussi judicieuse, a fait les deux: les cobayes ont porté le soutien-gorge pendant trois mois. A la suite de cela, elle ne l'ont plus porté pendant trois autres mois. Là-aussi, les résultats ont été sans appel: les seins se sont littéralement affaissés durant les trois premiers mois. Avant de se redresser durant les trois mois qui suivirent… Ceci-dit, cette étude ne peut pas non plus être généralisée parce qu'un seul modèle de soutien a été utilisé (à la taille des cobayes bien évidemment). A noter qu'il s'agissait exclusivement de jeunes femmes (entre 22 et 39 ans); pour rappel les seins commencent naturellement à vieillir dès la vingtaine.
En conclusion, cette nécessité de "soutenir la poitrine" n'est apparue que très récemment, et en réalité, ce n'en n'est pas une: les seins se soutiennent très bien tous seuls. Historiquement le soutien-gorge a d'abord servit à effacer les attributs féminins. Si aujourd'hui il sert effectivement à soutenir la poitrine, les seuls éléments dont on dispose montrent qu'il provoque au passage un vieillissement et un affaissement prématurés des seins; ce en "court-circuitant" et en dégénérant leur système de maintien. Et comme nous le verrons plus bas, ce n'est pas tout. D'autre part, les femmes en deviennent dépendantes; cela se traduit par des douleurs en l'absence de soutien-gorge. Heureusement, le système de maintien se régénère assez rapidement (quelques semaines) et les douleurs évoquées précédemment passent tout aussi rapidement. Il est donc relativement aisé de se sortir de cette dépendance. Les seins, eux, prennent un peu plus de temps pour "remonter" (plusieurs mois) et ils remontent d'autant plus que la femme est jeune. Donc au final, non, le soutien-gorge ne prévient pas la "chute des seins", au contraire, il l'accélère!
Et les poitrines généreuses et volumineuses?
Ce qui précède s'applique tout particulièrement aux femmes qui ont de grosses poitrines. Elles sont les plus à même à dégénérer leur système de maintien dès la puberté. Et c'est la double-peine car "poitrine généreuse et volumineuse" devrait en toute logique rimer avec "système de maintien naturel particulièrement efficace"…
L'étude citée plus haut (3 mois de port suivi de 3 mois de non-port du soutien-gorge) montre que les femmes ayant une poitrine volumineuse et les femmes en surpoids subissent un affaissement des seins plus important que les autres suite à l'utilisation régulière du soutien-gorge.
Une autre étude a été menée pendant 5 ans avec des femmes qui se plaignaient de douleurs aux épaules. A priori le poids de leur poitrine en était la cause. On a donc demandé à différentes cobayes de ne plus mettre de soutien-gorge ou d'opter pour un soutien sans bretelles pendant deux semaines. Résultat: 79% d'entre elles ont décidé d'abandonner le soutien car elles n'avaient plus de douleurs…
Il s'en suit que le soutien-gorge devrait être réservé aux cas "pathologiques"; les cas où le système de maintien naturel est insuffisant ou déficient. Mais encore faudrait-il, pour pouvoir en juger, l'évaluer quand il est au mieux de ses capacités, c'est à dire quand il n'aura pas été "désactivé" par le port régulier d'un soutien-gorge. Ce peut aussi être une bonne option pour favoriser le confort et les performances dans la pratique d'un sport. Ceci-dit, cela se paie par une relative dépendance donc il faut que le jeu en vaille la chandelle.
Le soutien-gorge a t-il un impact sur la santé ?
Le soutien-gorge est susceptible de provoquer certaines maladies mais aucune étude n'a pu le démontrer. Ça ne veut pas dire qu'il est inoffensif. C'est aussi le cas pour le Wi-Fi, le GSM, les pesticides, etc…
• Aucune étude n'a jamais pu démontrer un quelconque lien entre soutien-gorge et cancer du sein. Une étude (généralement mal interprétée) indique que le risque de cancer du sein augmente avec la taille des seins. Tout comme le port de soutien-gorge… Ce qui ne prouve rien au sujet du soutien-gorge. Elle indique aussi que le risque de cancer du sein est réduit moitié pour les femmes pré-ménopausées qui ne portent pas de soutien-gorge. Là aussi, l'âge et la taille des seins (qui sont des facteurs de risque reconnus) entrent en jeu… Des données supplémentaires sont donc ici nécessaires pour pouvoir tirer une conclusion vis-à-vis du soutien-gorge. Mais ça reste quand même troublant… Plus troublantes encore sont les sources sérieuses (ici, ici ou là) qui indiquent que la réduction de moitié du risque de cancer du sein n'est pas statistiquement significative ("not statistically significant")… C'est peut-être moi qui traduit mal… Ou des erreurs journalistiques. Sydney Ross Singer et Soma Grismaijer sont souvent cités (notamment à travers leur livre "Dressed to kill") mais les résultats de leurs observations ne sont pas reconnus par la communauté scientifique. Toutefois, le couple semble avoir une approche toute différente -et salvatrice au passage- par rapport à la médecine moderne: quand cette dernière ne s'intéresse qu'à gommer les symptômes d'une maladie en vendant des traitements, eux semblent vouloir en chercher la cause. Gratuitement semble t-il… Une étude a démontré qu'il n'existe aucun lien entre soutien-gorge et cancer du sein. Heureusement… Vous imaginez si ça avait été le contraire? Procès, licenciements etc… A priori tout ce que l'on sait, c'est que l'activité physique réduit de 30 à 60% le risque de cancer du sein (dixit Thierry Adam, gynécologue); comme quoi c'est une hygiène de vie. C'est aussi une donnée "statistiquement significative"…
• Le soutien-gorge est susceptible de gêner le système lymphatique et les ganglions des seins. Le système lymphatique gère l'évacuation des toxines et autres déchets de l'organisme… Dans quelles proportions cela arrive t-il et avec quelles incidences? Nul ne sait apparemment… Cela ne semble pas non plus être une piste notoire dans la recherche sur le cancer du sein, d'autant qu'il a été démontré que le soutien-gorge n'y était pour rien.
• Le soutien-gorge augmente la température des seins. Ce n'est pas anodin et certainement pas sans conséquences, notamment au vu du point précédent (système lymphatique). La fièvre ne le serait pas si elle était aussi régulière que le port de soutien-gorge. On sait par exemple que pour les testicules (dans le cas du slip), cela nuit à la production de sperme.
• Une étude a constaté que l'usage simultané d'une gaine et d'un soutien-gorge pour dormir gênait la sécrétion de mélatonine, l'hormone du sommeil. Cette hormone est aussi connue pour protéger du cancer… Il aurait néanmoins été intéressant de savoir si le soutien-gorge à lui tout seul pouvait avoir le même effet. Là aussi, la science laisse planer le doutre…
• Un soutien-gorge mal ajusté ou mal choisi peut provoquer bon nombre de symptômes: mal de tête, mauvaise digestion, démangeaisons… En effet, des seins mal soutenus impactent le dos, les épaules, la cage thoracique, l'estomac et bien sûr la peau… En Belgique, 7 femmes sur 10 ne choisissent pas la taille de soutien appropriée… Sont-elles "bôbô"? Et vous? Savez-vous quelle taille est appropriée pour vos mensurations?
• La mode ne va pas souvent dans le sens de la santé… On l'a vu avec les corsets. Aujourd'hui c'est plutôt la mode "push-up"… Éventuellement avec des soutiens trop petits…
• Le soutien semble généralement provoquer ou accentuer les douleurs au dos et aux épaules chez les femmes aux poitrines généreuses… Voir plus haut "Et les poitrines généreuses et volumineuses?".
En conclusion, de l'avis des scientifiques, le soutien-gorge à lui tout seul ne semble pas -malgré tout- favoriser de maladies à proprement parler… Pour peu qu'il soit au moins bien choisi. La question est donc: voulez-vous voir vos seins se soutenir naturellement ou préférez-vous être dépendantes du soutien-gorge avec les questions sans réponses qui lui sont associées? Le jeu en vaut-il la chandelle? A vous de voir mesdames!
Arrêter le soutien-gorge?
Comme on l'a vu précédemment, c'est une question de santé, de liberté et d'indépendance. Bizarrement, je n'ai trouvé aucun document qui recommande "la douceur" et la progressivité dans l’arrêt du soutien. C'est fait, je le recommande. Vive moi.
Une alternative au port du soutien-gorge?
Le port d'un débardeur, éventuellement en tissus maillé comme sous-vêtement, pourra dissimuler les tétons. Mais ça n'ira pas avec tous les hauts. La mode, le chic ou la santé?
Si on gratte encore…
On retrouve jusqu'à aujourd'hui l'obligation injuste pour la femme de masquer ses attributs. Le soutien-gorge en est l'illustre témoin. Les plus extrémistes imposeront la burqa, les modérés le voile et chez les occidentaux seuls les tétons doivent être cachés pour ce qui est de la poitrine. Mais finalement, peu importe ce qu'on doit cacher, toutes ces "lois" nous imposent de masquer la réalité de ce que nous sommes. Comme si c'était honteux d'être nous-même. En fait ça l'est. Comme si ce corps dont nous disposions était malsain ou honteux. En fait oui c'est le cas. C'est comme si nous étions capables de pondre des règles complètement absurdes. C'est aussi le cas. C'est comme si nous étions des bêtes sauvages qui sauteraient sur tout ce qui bouge. Oui c'est le cas, en quelque sorte. Mais pourquoi? C'est aussi en quelque sorte une insulte à Dieu qui aurait fait de nous ce que nous sommes. Ah mais bien sûr! J'oubliais, c'est la faute à Eve… C'est pas nous c'est elle! Sacré femme! Elle mérite bien toutes ces injustices! La société toute entière semble avoir voulu punir la femme… Religions, patriarcat, pudeur institutionnelle… Tout ceci remonte à bien longtemps et c'est le résultat d'une accumulation d'erreurs depuis des millénaires (article à venir - scénario N°1 de l'humanité). Sacré civilisation!
SOURCES:
- Histoire du soutien-gorge:
=> http://fr.wikipedia.org/wiki/Soutien-gorge#Antiquit.C3.A9_et_Moyen_.C3.82ge
- Système de maintien naturel de la poitrine:
=> http://fr.wikipedia.org/wiki/Sein#Forme_et_soutien
- Les causes du vieillissement des seins (page Wiki "Ptosis" en anglais):
http://en.wikipedia.org/wiki/Ptosis_%28breasts%29#Causes
- Aucune étude ne prouve que le soutien prévient la chute des seins (page Wiki "Ptosis" en anglais):
http://en.wikipedia.org/wiki/Ptosis_%28breasts%29#Bras_and_ptosis
- Interview du professeur Rouillon sur son étude, informations sur les seins et leur maintien, impact de la culture, résultats de l'étude (minutes 13 à 15, 25 à 28, 30 à 33):
=> http://www.franceculture.fr/player/reecouter?play=4491365
- Étude portant sur le port puis le non-port du soutien-gorge pendant trois mois (« Breast form changes resulting from a certain brassière »). Résultat, le port du soutien-gorge occasionne une "chute" visible des seins:
=> http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/2092072
- Étude portant sur les femmes qui ont des douleurs aux épaules en relation avec la taille de leur poitrine: le non-port de soutien-gorge a été la solution pour 79% d'entre-elles après seulement 2 semaines d'essai; « Pectoral girdle myalgia in women: a 5-year study in a clinical setting »:
=> http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/11153784
- Post sur Hoaxbuster à propos des messages qui circulent sur le soutien et le cancer du sein:
=> http://www.hoaxbuster.com/comment/3028#comment-3028
- L'étude en question qui ne fait pas le lien entre cancer du sein et soutien-gorge mais qui fait le lien avec la taille des seins, « Breast size, handedness and breast cancer risk »:
=> http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/027753799190469T
- L'étude qui conclue qu'il n'y a aucun lien entre soutien-gorge et cancer du sein:
=> http://www.cancer.gov/newscenter/cancerresearchnews/2014/FredHutchBrasBreastCancer
- Article sur la qualité du sperme qui se dégrade avec le slip
=> http://www.futura-sciences.com/ (article sur la qualité du sperme)
- Article sur les méfaits d'un mauvais choix de soutien-gorge:
=> http://www.terrafemina.com/ (article sur l'importance du choix du soutien)
- Livre "Gynécologie du sport" par Thierry Adam (le gynécologue pas le journaliste), page 354 et 355:
• "l'incidence du cancer du sein [...] est à relier au mode de vie" (faible activité physique)
• "le sport protège davantage les seins qu'il ne les expose aux traumatisme ou à la ptôse"
• "le soutien-gorge ne protège pas de la ptôse."
Par NeGPsychiatrick le 22-10-14 à 20h30 - Dernière MAJ le 14-01-15





